« Les grands génies souffrent et doivent souffrir, mais ils ne sont pas à plaindre ; ils ont
connu des ivresses ignorées du reste des hommes, et s’ils ont pleuré de tristesse, ils ont
versé des larmes de joie ineffable ; cela seul est un ciel qu’on ne paie jamais ce qu’il vaut.
« Berlioz a été une des profondes émotions de ma jeunesse. Il avait quinze ans de plus que moi ; il était donc âgé de trente-quatre ans à l’époque où moi, simple gamin de dix nef ans, j’étudiais la composition au Conservatoire sous les conseils d’Halévy. Je me souviens de l’impression que produisirent sur moi la personne de Berlioz, de ses œuvres, dont il faisait souvent les répétitions dans la salle de concert du Conservatoire. A peine mon maître Halévy avait-il corrigé ma leçon, vite je quittais la classe pour aller me blottir dans un coin de la salle de concert, et là je m’enivrais de cette musique étrange, passionnée, convulsive qui me dévoilais des horizons si nouveaux et si colorés. Un jour, entre autres, j’avais assisté à la répétition de la symphonie Roméo et Juliette alors inédite, et que Berlioz allait faire exécuter quelques jours après, pour la première fois. Je fus tellement frappé par l’ampleur du grand final de la « réconciliation des Montaigus et des Capulets » que je sortis emportant tout entière dans ma mémoire, la superbe phrase du frère Laurent : « Jurez tous par l’auguste symbole ! »
« A quelques jours de là, j’allais voir Berlioz, et, me mettant au piano, je lui fit entendre la dite phrase entière.
« Il ouvrit des grands yeux, et me regardant fixement : Où diable avez-vous pris cela ? dit-il. A l’une de vos répétitions, lui répondis-je. Il ne pouvait en croire ses oreilles ». Charles Gounod
« Berlioz a été une des profondes émotions de ma jeunesse. Il avait quinze ans de plus que moi ; il était donc âgé de trente-quatre ans à l’époque où moi, simple gamin de dix nef ans, j’étudiais la composition au Conservatoire sous les conseils d’Halévy. Je me souviens de l’impression que produisirent sur moi la personne de Berlioz, de ses œuvres, dont il faisait souvent les répétitions dans la salle de concert du Conservatoire. A peine mon maître Halévy avait-il corrigé ma leçon, vite je quittais la classe pour aller me blottir dans un coin de la salle de concert, et là je m’enivrais de cette musique étrange, passionnée, convulsive qui me dévoilais des horizons si nouveaux et si colorés. Un jour, entre autres, j’avais assisté à la répétition de la symphonie Roméo et Juliette alors inédite, et que Berlioz allait faire exécuter quelques jours après, pour la première fois. Je fus tellement frappé par l’ampleur du grand final de la « réconciliation des Montaigus et des Capulets » que je sortis emportant tout entière dans ma mémoire, la superbe phrase du frère Laurent : « Jurez tous par l’auguste symbole ! »
« A quelques jours de là, j’allais voir Berlioz, et, me mettant au piano, je lui fit entendre la dite phrase entière.
« Il ouvrit des grands yeux, et me regardant fixement : Où diable avez-vous pris cela ? dit-il. A l’une de vos répétitions, lui répondis-je. Il ne pouvait en croire ses oreilles ». Charles Gounod
« Les grands génies souffrent et doivent souffrir, mais ils ne sont pas à plaindre ; ils ont
connu des ivresses ignorées du reste des hommes, et s’ils ont pleuré de tristesse, ils ont
versé des larmes de joie ineffable ; cela seul est un ciel qu’on ne paie jamais ce qu’il vaut.
« Berlioz a été une des profondes émotions de ma jeunesse. Il avait quinze ans de plus que moi ; il était donc âgé de trente-quatre ans à l’époque où moi, simple gamin de dix nef ans, j’étudiais la composition au Conservatoire sous les conseils d’Halévy. Je me souviens de l’impression que produisirent sur moi la personne de Berlioz, de ses œuvres, dont il faisait souvent les répétitions dans la salle de concert du Conservatoire. A peine mon maître Halévy avait-il corrigé ma leçon, vite je quittais la classe pour aller me blottir dans un coin de la salle de concert, et là je m’enivrais de cette musique étrange, passionnée, convulsive qui me dévoilais des horizons si nouveaux et si colorés. Un jour, entre autres, j’avais assisté à la répétition de la symphonie Roméo et Juliette alors inédite, et que Berlioz allait faire exécuter quelques jours après, pour la première fois. Je fus tellement frappé par l’ampleur du grand final de la « réconciliation des Montaigus et des Capulets » que je sortis emportant tout entière dans ma mémoire, la superbe phrase du frère Laurent : « Jurez tous par l’auguste symbole ! »
« A quelques jours de là, j’allais voir Berlioz, et, me mettant au piano, je lui fit entendre la dite phrase entière.
« Il ouvrit des grands yeux, et me regardant fixement : Où diable avez-vous pris cela ? dit-il. A l’une de vos répétitions, lui répondis-je. Il ne pouvait en croire ses oreilles ». Charles Gounod
« Berlioz a été une des profondes émotions de ma jeunesse. Il avait quinze ans de plus que moi ; il était donc âgé de trente-quatre ans à l’époque où moi, simple gamin de dix nef ans, j’étudiais la composition au Conservatoire sous les conseils d’Halévy. Je me souviens de l’impression que produisirent sur moi la personne de Berlioz, de ses œuvres, dont il faisait souvent les répétitions dans la salle de concert du Conservatoire. A peine mon maître Halévy avait-il corrigé ma leçon, vite je quittais la classe pour aller me blottir dans un coin de la salle de concert, et là je m’enivrais de cette musique étrange, passionnée, convulsive qui me dévoilais des horizons si nouveaux et si colorés. Un jour, entre autres, j’avais assisté à la répétition de la symphonie Roméo et Juliette alors inédite, et que Berlioz allait faire exécuter quelques jours après, pour la première fois. Je fus tellement frappé par l’ampleur du grand final de la « réconciliation des Montaigus et des Capulets » que je sortis emportant tout entière dans ma mémoire, la superbe phrase du frère Laurent : « Jurez tous par l’auguste symbole ! »
« A quelques jours de là, j’allais voir Berlioz, et, me mettant au piano, je lui fit entendre la dite phrase entière.
« Il ouvrit des grands yeux, et me regardant fixement : Où diable avez-vous pris cela ? dit-il. A l’une de vos répétitions, lui répondis-je. Il ne pouvait en croire ses oreilles ». Charles Gounod
Charles Gounod
Hector Berlioz
Fromental Halévy
